Libreville ne dormait jamais vraiment. Même quand la nuit tombait sur la capitale gabonaise,
les rues continuaient de respirer, de murmurer des histoires de survie, de rêves avortés et
d’espoirs têtus. C’est dans cette ville que Joël avait grandi. Ou plutôt… survécu.
À vingt-cinq ans, il venait enfin d’obtenir son baccalauréat. Un âge que certains jugeraient
tardif, presque embarrassant. Mais pour Joël, chaque année gagnée sur la fatalité était une
victoire silencieuse. La vie ne lui avait rien offert gratuitement. Il n’avait connu ni père ni
mère, seulement les murs froids d’un orphelinat et les regards pressés de ceux qui ne
s’attachaient jamais trop longtemps. Il n’y était pas resté. À dix ans, il s’était enfui. Avec
Maxime.
