Résumé
La crise mondiale actuelle commande que l’Afrique ait voix au chapitre, pour donner au moins sa vision d’une crise qui l’affecte aussi. Elle ne doit pas avoir à supporter des réformes qui viendraient à être prises à son détriment. Au nom de quel principe ce continent doit-il être exclu du grand débat planétaire ? Est-il si dépourvu de matières grises, au point qu’il ne puisse pas apporter sa part de lumière au long tunnel économico-financier dans lequel est plongé en ce moment le monde ? Où est-il tout simplement victime de l’image qu’il a toujours renvoyée au reste du monde : un continent si empêtré dans la pauvreté que ce genre de débat n’est pas pour l’Afrique une priorité ? Si tel est le cas, l’Occident a un examen de conscience à faire (…) Où va le monde ? Comment améliorer la gouvernance mondiale, tant au plan économique que politique ? Commentfaire pour l’orienter ? L’Afrique est-elle dans la gouvernance mondiale ou s’exclut-elle d’elle-même de la gouvernance mondiale ? Quels sont les principaux défis du continent africain ?. Quel regard peut-on porter sur le concept de Gouvernance mondiale à partir des pays du Sud, notamment africains ? Avant, le critère d’insertion au cercle de grandes puissances était la victoire à l’issue d’une guerre (le Conseil de Sécurité est composé des 5 vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale); aujourd’hui quel critère doiton utiliser ? L’Afrique doit apprendre à penser le monde et la gouvernance mondiale à partir de ses propres préoccupations. Elle doit apprendre à regarder le monde et la gouvernance mondiale à partir de ses propres yeux, à mettre en avant ses propres intérêts dans ses rapports avec le reste du monde. Cela appelle à une sorte de révolution Copernicienne, qui consiste à refaire du Continent noir le centre d’où nous regardons le monde. L’Afrique ne pourrait-elle pas contribuer à résoudre la crise de l’Occident ? La mobilisation et participation de tous les intellectuels d’Afrique et de la Diaspora, ne signifie pas : instrumentalisation, mais plutôt collabo- ration dans la recherche de solutions alternatives pour le développement du Continent. Il ne s’agit plus au XXL siècle de continuer à interpréter le monde, il faut l’envisager en termes de praxis, de transformations et de mutations rapides et profondes, dans le respect des différences.